Proposition de projet de loi relatif à la validation des acquis
de l'expérience professionnelle
En Nouvelle-Calédonie, de nombreux adultes, y compris ceux qui
ne disposent que d'un faible niveau de formation initiale, ont acquis,
à travers leur expérience professionnelle proprement dite,
des savoir-faire appréciés. D'autres personnes peuvent aussi
avoir acquis dans le cadre d'activités, sociales ou associatives,
des compétences utiles dans la vie professionnelle.
Dans l'un et l'autre cas, les calédoniens, océaniens ou
européens, sont en majorité. Ce nouveau droit à la
validation des acquis constituera un outil majeur pour construire l'égalité
professionnelle.
Cette expérience est aujourd'hui insuffisamment prise en compte,
aussi bien dans la construction d'un éventuel parcours de formation
continue dans la vie professionnelle en particulier en cas de changement
d'employeur. En particulier, les Calédoniens se retrouvent en compétition
avec des professionnels métropolitains plus diplômés,
mais pas nécessairement compétents.
La validation des acquis de l'expérience devra permettre de positionner
au regard des diplômes, les autres certifications françaises,
notamment les certifications paritaires, ou d'autres certifications européennes.
Pour que la validation des acquis se développe, il faudrait par
ailleurs encourager une véritable offre concertée de services
en matière d'orientation, d'accompagnement et d'aide à la
construction de parcours individualisés d'accès à
Concernant la validation des acquis (VAE), le dispositif pourrait permettre
de :
- poser le principe général du droit individuel à
la reconnaissance de l'expérience pour l'acquisition d'un diplôme
ou d'un titre à finalité professionnelle ;
- placer l'obtention d'un diplôme ou d'un titre par validation
d'acquis à égalité de dignité et d'effet,
par rapport aux autres modalités d'obtention ;
- ouvrir la possibilité de faire reconnaître des compétences
professionnelles acquises dans des activités sociales ou bénévoles
;
- ouvrir la possibilité d'obtenir la totalité d'un diplôme
par la validation des acquis ;
- tenir compte des savoirs spécifiques des différentes
communautés du territoire, en particulier de ceux issus du Peuple
Kanak.
Concernant le système général des certifications professionnelles
:
- harmoniser la procédure réglementaire de création
des diplômes à finalité professionnelle délivrés
au nom de l'Etat, de la Nouvelle-Calédonie, de l’Europe
;
- inciter au rapprochement des instances consultatives professionnelles
qui conçoivent ces diplômes ;
- définir la spécificité d'un diplôme délivré
au nom de la Nouvelle-Calédonie et le type de garantie qu'il
présente au niveau local, et international ;
- créer un répertoire Calédonien des certifications
professionnelles qui s’appuie sur le répertoire National
des certifications professionnelles, sans un souci de reconnaissance
et d’efficacité ;
- poser les conditions d'inscription des certifications publiques paritaires
ou privées dans ce répertoire ;
- créer une commission Calédonienne de la certification
professionnelle qui complète les principes de commission Nationale
de la certification professionnelle ;
- poser les bases du rôle et des missions de cette commission
;
- intégrer un dispositif permettant de reconnaitre et valider
les savoirs traditionnels de toutes les communautés de Nouvelle-Calédonie,
en particulier de ceux issus du Peuple Kanak.
- prévoir les modalités de passage d'une procédure
à l'autre, des niveaux Calédoniens et Nationaux.
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